18 mars 2012

le mythe comme parole véritable

 

Pour nous en tenir à l'Hellénisme, et dans le respect de notre démarche – partir de l'esprit de la religion grecque, nous dirons simplement trois choses :

 

 

 

- 1° La signification originelle du mot « mythe » (mythos) n'est pas différente, mais bien synonyme, de celle du mot « parole » (logos). A tel point qu'en grec ancien, l'expression hieros logos, parole sacrée, désignait bien souvent ce que nous nommons « mythe ». De la sorte, l'opposition entre « mythe » et « logos » (raison) dont on nous affirme qu'elle traverse toute l'histoire occidentale de la pensée depuis les Grecs perd son sens et sa portée. Il n'existe surtout pas une « pensée mythique » qui serait caractéristique d'une période pré-logique de l'humanité! L'idée d'une naissance de la raison dans la Grèce des cités au VIe siècle avant notre ère, en même temps que l'apparition de la notion de vérité comme aboutissement d'un dialogue mené avec des arguments logiques, telle que la présente M. Détienne ou J.P. Vernant dans certains ouvrages des années soixante, relève purement et simplement du mythe au sens vulgaire du terme!

 

 

 

Si le mot mythos a exprimé une nuance particulière, c'est celle d'une parole certaine et véritable par elle-même, sans besoin de démonstration, de preuves. Une parole qui s'impose, pleine de sens, efficace. Et nous nous souviendrons du sens étymologique du mot alètheia qui en grec veut dire « vérité ». A-lètheia : « ce qui n'est pas voilé », « ce qui se -voile ». la vérité est donc dévoilement. Ce qui d'ailleurs implique que le voilement est premier, un arrière-plan constant du monde et de son appréhension. La vérité, c'est ce qui se montre sur ce fond obscur et à partir de lui, en s'en détachant, en le déchirant. La vérité, c'est ce qui fait une percée dans l'obscurité comme le premier rayon du soleil matinal. La lumière se dévoile et dissout l'obscurité. Ainsi fait la vérité quand elle apparaît.

 

 

 

Il en résulte que la vérité est toujours le produit d'une expérience (spirituelle et intellectuelle). Les hommes ne peuvent l'inventer. Il faut que ce déchirement existentiel se produise, il faut que la lumière perce. Eurêka, s'écriait Archimède au bain. « J'ai trouvé ». Mais cette découverte était bien le fruit d'une expérience fortuite. Quelque chose qui lui a surgi en un instant à l'esprit suite à une expérience fortuite. L'homme pense, réfléchit, concocte des solutions. Pendant des temps et des temps. En vain. Soudain, l'éclair jaillit et la réponse est là. Comme lors de ma rencontre avec Apollon. Ce n'est pas qu'il faille nier la part du cheminement humain et cérébral. Mais la solution n'est pas l'aboutissement d'un parcours. On la rencontre à une certaine étape, à un certain moment – fortuitement pourrait-on dire! La vérité, la réponse, c'est ce qui fait brèche dans nos existences. C'est ce qui les rompt avant de les recomposer. La vérité est un coup de foudre.

 

 

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19 février 2012

Hekate Deipnon 21 février 2012

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"This rite is simple, powerful and ancient. The deipnon (“dinner” – plural deipna) is an offering left at a crossroads on the dark moon (the last day of the lunar month, by ancient Greek reckoning) for Hekate and the spirits of the dead in Her company. Common foods include cake or bread, garlic, fish, eggs and cheese. Conventional wisdom is that one should leave these offerings and then walk away without looking behind them. The whole offering is left for Hekate; the meal is not shared as in most Greek sacrifices."
http://forestdoor.wordpress.com/2011/06/29/hekates-deipnon/
Cf. aussi http://snowcalla.livejournal.com/592994.html

09 février 2012

le mythe

 

Impossible de ne pas parler ici de mythes et de mythologie! Après tout, le mot même de mythe vient du grec, mythos. Si ce que nous nommons « mythologie » est un concept plutôt récent, les Grecs anciens connaissaient des recueils de mythes, par exemple la fameuse Bibliothèque du pseudo-Apollodore.

 

 

 

Ce n'est pas ici le lieu de faire ou de refaire l'histoire de la signification ancienne et moderne du mot « mythe », ni d'examiner à fond les divers théories interprétatives auxquelles la philosophie, la science des religion et l'anthropologie ont eu recours pour le comprendre. En grec ancien, le mot mythos a connu une évolution sémantique qui l'a fait passer par divers sens, depuis la désignation de la parole la plus certaine jusqu'à celle du pur mensonge. Mais une étude purement chronologique de l'évolution de sa signification laisserait passer un aspect essentiel du problème. Les Grecs, puis les Romains, n'ont jamais cessé d'user du mythe jusqu'au triomphe du Christianisme. Celui-ci a prétendu opposer le caractère de vérité historique de la révélation biblique à la Fable mensongère grecque. Déjà au IIIe siècle de notre ère, Clément d'Alexandrie, l'un des plus anciens théologiens chrétiens opposait la « mythologie de Dionysos » à la  »théologie du Christ ». En oubliant que le plus ancien usage du mot « théologie », chez Platon, désignait « les récits sur les Dieux » - ce que nous nommons « mythologie »!

 

 

 

Les mythes ont joué à une époque archaïque le rôle d'une histoire primordiale de l'humanité grecque. Néanmoins les oppositions « mythe »/« histoire », mensonge/vérité, affabulation/réalité, s'étaient développées dès l'Antiquité pré-chrétienne. Et l'Église primitive eut beau jeu de récupérer cette polémique pour sa propagande. Ce n'est que très récemment que le caractère mythique de la Bible a été reconnu, même par des théologiens éclairés.

 

 

 

Nous ne nous demanderons pas non plus dans quelle mesure il est légitime d'universaliser le terme de mythe en dehors de la sphère culturelle gréco-latine. Le « mythe » est-il un concept universel? Pour autant qu'il existerait de tels concepts, encore faudrait-il les définir rigoureusement. Or personne n'a jamais donné une définition univoque du terme « mythe ». Chacun le définit pour son propre usage et à son propre bénéfice. Ce qui, entre parenthèses, empêche définitivement la constitution d'une science du mythe comme l'auraient voulu (le voudraient) les structuralistes! Car la première démarche de toute science est de définir précisément son objet. Mais personne ne sait ce qu'est un mythe – ou plutôt tout le monde croit le savoir sans y réfléchir plus avant.

 

 

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